Journal
Vendredi 22 janvier 2010

¡Hola los iguanos!

J’ai de plus en plus chaud, ici, ça fait fondre les heures, en plus du décalage horaire, les voilà qui se mettent à couler, coller, se liquéfier, s’agglomérer, bref, faire n’importe quoi, et moi je nage, en nage, au milieu de tout ça. difficile à croire peut-être du lointain de vos contrées frigorifiées, mais ici, vraiment, je me mets à rêver d’avant-skis: Des bottes moches et rebondies, comme des après-skis, mais remplies de glaçons gentils. Un laid-net, aussi, le contraire du bo-nnet, en fibres spéciales entremêlées de givre. Et des habits tricotés en poils de banquise, comme j’aimerais… Ainsi j’irais seule, gaie et fraîche, plutôt que seule, gaie, et suante et rouge et luttant férocement contre l’apathie. Ce serait bien!

vingt-deux de enero dos-mil-dies

vingt-deux de enero dos-mil-dies

Ce matin, j’ai foutu la pâté à l’apathie. Round one: i win. J’avais rendez-vous avec Jimena. Jimena Rios, je connaissais ses bijoux grâce à l’internette. Je sais plus comment j’étais tombée dessus, un soir de Paris fatigué, me semble-t-il, et de temps en temps je retournais sur sa boutique en ligne, pour rêver un peu et envoyer quelque lettre télépathique au Père Noël ou à sa femme qui jusque là ont toujours assez débordés pour ne pas souvent ouvrir mes courriers. J’ai eu des cadeaux, hein, même des super beaux, le dernier en date étant mon nouveau meilleur ami, et l’avant-dernier un pas mal non plus (elles sont pas photographiées mais bon) venant d’ici, mais je sais pas, ce que je mets dans mes lettres est rarement pris en compte. C’est sans doute encore meilleur ainsi, vu que je suis souvent ravie. (Pour la lampe en forme de blob kaki avec des pâquerettes oranges en relief, sorry, là Père Noël t’avais eu un accès d’Alzeihmer, quand même -d’où que j’ai dû la laisser quelque part exprès).

entre chez Jimena & chez moi

entre chez Jimena & chez moi

Un jour, j’étais à Buenos Aires, me documentant avec le plus grand sérieux dans l’internette (QUI m’accuse de glander? Tssss… Froussard, t’ose même pas te montrer), lorsque tout à coup je réalisai que Jimena Rios habitait elle aussi à Buenos Aires! La même ville, quoi, en fait, hein, si vous suivez bien.

la super ferreteria recommandée par Jimena

la super ferreteria recommandée par Jimena

Ni une ni deux, avec ma vivacité habituelle, trois mois plus tard, on se rencontre! Après deux rendez-vous ratés j’ai tenu bon, cette fois-ci, et contre vents et marées, contre les chofers de colectivos notoirement méchants, contre mon amour des balades-sans-but-parce-que-oui-je-suis-perdue, j’ai fini par arriver. J’avais bien regardé le plan des bus et tout, et même demandé au bon chofer de me dire où descendre, mais au lieu de prendre un bus et d’arriver chez elle en 25 minutes, j’en ai pris trois et marché pendant 20 cuadras et mis presque deux heures. Heureusement on est en Argentine et pas au Japon! Là j’aurais dû me faire harakiri sur le pas de sa porte, ici la limonada maison m’attendait encore toute fraîche, et Jimena de même avec un beau sourire… i love Buenos Aires.

Jimena Rios enchantée devant les sites de mes autres copines qui font des bijoux aussi

Jimena Rios enchantée devant les sites de mes autres copines qui font des bijoux aussi

Jimena Rios, vous l’aurez compris si vous fréquentez Etsy, et/ou si vous avez bien tout cliqué comme il faut plus haut, Jimena Rios, disais-je, crée des bijoux. Or (ors? hors? help!) j’aime pas les bijoux. Sauf certains. Les géniaux, quoi, ceux sans chichis, ceux qui disent des trucs, les pas gnangnans. ça oui, ça me plaît. Ceux de Jimena sont plutôt comme ça.

C'est joli chez Jimena!

C'est joli chez Jimena!

Elle les concocte dans son estudio, en bas de sa maison, de l’autre côté du rideau derrière lequel veille un chat très très long tout gris qui apparemment aime bien s’étirer le plus possible sur un beau plaid un peu rose. J’ai pas osé le photographié, il avait déjà l’air outré que j’ose venir trouble sa première (douzième?) sieste de la journée.

à gauche Bella la bien nommée, à droite Jimena la bien inspirée

à gauche Bella la bien nommée, à droite Jimena la bien inspirée

Quand elle était petite, si j’ai bien tout saisi avec mon castéchano désormais très fluide (vous êtes pas là pour l’entendre, je peux vous faire croire n’importe quoi), elle vivait à Mendoza. C’est là où poussent les bons vins argentins, juste là. Ensuite, moins petite, elle est partie vivre en Allemagne. Après, elle a décidé d’étudier Comment Faire des Bijoux à Barcelone. Elle a du coup passé un peu de temps à Florence pour s’entraîner. Et puis finalement, enceinte jusque là, elle est arrivée à Buenos Aires.

dans l'atelier de Jimena on croise aussi des poules

dans l'atelier de Jimena on croise aussi des poules

Et Buenos Aires, c’est super parce qu’on trouve plein de beaux matériaux à des prix accessibles, et de l’inspiration en veux-tu en voilà. Comme par exemple à la ferreteria ci-dessus et ci-re-dessus. Jimena habite dans une maison calme, où elle a son estudio, et en trente minutes -elle- elle peut être à Palermo pour boire des coups, par exemple, et ça, c’est encore un bon point pour Buenos Aires: Des logements accessibles, du calme possible, et de la Grande Ville aussi.

là où ça se passe

là où ça se passe

Et puis en sortant de Palermo -qui est un peu l’équivalent d’un mélange entre le Marais et le côté funky du dizuitième à Parisse, vaguement, de loin, en gros- on trouve des supers boutiques old-school, et ça, Jimena, elle aime. Moi aussi, alors je suivrai ses conseils et j’irai me balader à Once, où on trouve apparemment encore des merceries, et des magasins de trucs-jolis-mais-qu’on-sait-pas-ce-que-c’est (genre des boulons) en gros.

le monstre de l'atelier et ses amies bobines

le monstre de l'atelier et ses amies bobines

Le problème de Palermo c’est 1. les tourisses, 2. les tourisses, 3. les attrape-tourisses, c’est-à-dire les gens qui croient qu’ils peuvent vendre du sous-ache&ème ou du sous-ik&a hors de prix aux tourisses, juste parce qu’ils sont du « premier monde ». Dixit Jimena. Alors qu’en cherchant bien, ici et , on peut trouver des choses supers. Et surtout, surtout, dans les ferreterias.

une chaise de bijoutière

une chaise de bijoutière

Ah, ça, les ferreterias, Jimena & moi, on est super copines. Dans une ferreteria on peut acheter le pichet-pingouin, celui qu’on trouve dans tout bon troquet qui se respecte et dans tout foyer argentin moyen, la bouilloire qui brille comme il se doit, tout le nécessaire à maté, une passoire à thé jolie… Tout ce qu’il faut pour être heureux.

une nation qui a pour pichet le pingouin ne peut qu'être brillante

une nation qui a pour pichet le pingouin ne peut qu'être brillante

plein de trucs à maté

plein de trucs à maté

les bouilloires et le hachoir à manivelle (il me semble)

les bouilloires et le hachoir à manivelle (il me semble)

Et quand Jimena  a un cadeau à faire, elle va toujours toujours chez Mi Coucou. Parce que on trouve des objets créés par des designers argentins, ou au moins des designers humains, pas des grandes marques sans intérêt -et on trouve même les bijoux de Jimena.

Un collier de Jimena portée par elle-même*

Un collier de Jimena portée par elle-même*

canards, caniche, tous les animaux qu'on imaginait pas si mignons au bout d'un collier

canards, caniche, tous les animaux qu'on imaginait pas si mignons au bout d'un collier

Et un de mes trucs préférés: Les bagues d’amour:

alliances, version #1

alliances, version #1

alliances, version #2

alliances, version #2

…Et puis après tout ça, vous pouvez encore cliquer pour visiter le site de Pieces of Eight, « une des meilleurs galeries de bijoux du monde » qui ne vend que des pièces uniques et pour laquelle Jimena travaille depuis quelques temps.

Si vous avez envie d’une bonne limonade maison, en tous cas, envoyez un mail à Jimena, elle vous donnera peut-être sa recette. Sinon il ne vous restera plus qu’à vous offrir un bijou en attendant.

Ah oui, et sinon, sur la route j’ai trouvé ça:

Là, au milieu: UNE ORTHÈSE ANTI-FESSES-PLATES!

Là, au milieu: UNE ORTHÈSE ANTI-FESSES-PLATES! On voit pas très bien parce que j'ai essayé de rester discrète, mais c'est une paire de fesses en mousse! Si! Vous POUVEZ avoir des DOUBLE-FESSES!

Ils sont forts, ces Argentins…

Besitos, los camelos***

3 commentaires

  1. shmipele dit :

    Ah il faut que je m’offre une orthèse ! Les essayages ne doivent pas être tristes ! :D

  2. séverine et omar dit :

    et tu as finie par l’acheter le bijoux de tes rêves ?
    je veux bien un petit souvenir comme le collier ou la bague…
    bises

  3. valili dit :

    j’ai le même doigt que toi ! avec la même belle cicatrice du couteau à pain !!!
    bisous mon chou

LAISSER UN COMMENTAIRE