Journal
Lundi 25 janvier 2010

¡Hola los hongos!

25 janvier 2010

25 janvier 2010

Comme promis me revoici!

entre Buenos Aires y Tigre

entre Buenos Aires y Tigre

Hier fut une journée idéale, comme plus de journées devraient l’être. Futures journées, prenez exemple sur le 23 janvier 2010 de Juliette à Buenos Aires! Si vous manquez d’inspiration, vous ne savez pas comment vous tenir, que faire de vous-mêmes: Soyez comme celle-là!

dans le club désaffecté du Tigre où on va se réfugier le week-end

dans le club désaffecté du Tigre où on va se réfugier le week-end

Même la température était idéale, en sortant du bus mes yeux sont tombés nez à nez avec un panneau d’affichage lumineux qui disait: 25,5°C. Si ce panneau-thermomètre était exact, sachez le, c’est à 25,5°C qu’on est le mieux. On est comme un poisson dans l’eau douce, comme une baleine entourée de banquise, comme une anguille sous une roche, comme un humain en marcel qui ne sens pas la différence entre sa peau et le monde et qui pourrait certainement se mettre à nager dans la tiédeur si l’envie lui prenait de décoller ses pieds du sol. C’est comme ça qu’on est. Comme ça que je me sentais. Et c’était formidable.

Tigre, 23.01.2010

Tigre, 23.01.2010

À ce moment là, j’étais entre le concert de Juana Molina et le sorbet à la fraise.

notre refuge au Tigre

notre refuge au Tigre

Le matin j’étais partie, mon sac plein de pommes, de pêches et de mon appareil photo, pour le Tigre. Sans faire de bruit, cet animal est devenu une addiction. On dirait que je ne peux pas résister à l’appel du Tigre en maillot de bain, et tous les 6 jours environ, je me retrouve dans un train pour le retrouver. Une histoire d’amour entre une femme et un ours, ça existe déjà, entre une femme et un gorille aussi, peut-être que le prochain de la série sera celle d’une femme et d’un tigre?

el perro del Tigre

el perro del Tigre

Pour changer, cette fois-ci j’y suis allée en colectivo (colectivo = bus). ça me paraissait une bonne idée. Changer, ça me parait (presque) toujours une bonne idée. Tout le monde y va en train, pourquoi ne pas me rendre compte par moi-même pourquoi, hein? Pourquoi vous dites-vous aussi, parce que vous êtes curieux?

"ma" digue sur "mon" Tigre

"ma" digue sur "mon" Tigre

La réponse, je l’ai! C’est pas à cause du temps que ça prend, bien que les Porteños prétendent que c’est ça, la raison. En fait cette fois-ci ça m’a même pris moins longtemps que le train. Y a pas la clim’, contrairement au train qui est non seulement réfrigéré mais qui est aussi lunettes-de-soleil-isé. Note: La lunettes-de-soleil-isation consiste en transformer toutes les vitres d’un lieu, tel un train de banlieue par exemple, en vitres protectrices anti-uv iso 400 comme c’est écrit sur les lunettes de soleil. La lunettes-de-soleil-isation est une excellent idée, contrairement à la bleu-isation, comme celle des vitres du tram marseillais par exemple, qui ne fait que déprimer toute la population d’un tram intégralement en quelques secondes seulement. La lunettes-de-soleil-isation vous laisse aussi content qu’au départ, et même plus car vous pouvez vous dévêtir les yeux, ce qui suffit à vous rafraîchir un petit peu. Fin de la note. Mais moi, j’étais assise à côté de la fenêtre ouverte, alors je m’en foutais. Non, la raison pour laquelle il est finalement quand même un peu préférable de prendre le train est la suivante: Le colectivo, ça fait mal au cul. Mais il fallait bien ça pour relever combien tout le reste de la journée était merveilleux!

un bateau jouet sur une photo sous exposée

un bateau jouet sur une photo sous exposée

Dans le Tigre, je me suis baignée, et l’eau était toujours aussi parfaitement agréable, douce, bleue marron, tranquille… Je ne sais pas pourquoi cette fois là, la marée était basse. C’est bizarre mais dans le Tigre, il y a des marées. Et pas des marées toutes les six ou sept heures comme sur l’île dorée. Ici c’est plutôt des marées aléatoires. C’est pas non plus apparemment l’eau qui s’évapore ou que sais-je (j’ai demandé), c’est… On sait pas. Le Tigre.

une digue rose

une digue rose

Sur le Tigre, aussi, j’ai découvert que mon super cadeau renfermait un autre génial cadeau. Mon cadeau c’est mon appareil photo, magnifique, splendide, ultra-bien, tout. Hier, entre deux brasses, je lisais un livre fabuleux: Le mode d’emploi de mon appareil photo. Il m’impressionnait, en fait. L’appareil. Alors j’ai décidé de faire plus ample connaissance. J’avais un peu oublié la technique et tout ça, ça faisait des lustres. Et c’est dingue comme d’un coup, de faire des expérimentations, c’était comme d’avoir un nouveau cadeau, une matriochka de cadeaux, un vertige de joie!

un autre bateau jouet sur une autre sous-exposition

un autre bateau jouet sur une autre sous-exposition

Sur la lancha du retour, j’ai tout photographié, en continu, avec ou sans grande vitesse, petite focale, tous ces trucs là qui sont comme des baguettes magiques sur les images. Tout transformer en image. Pour se raconter une autre histoire encore après… Je vous épargne les traces de mes expérimentations ici, et amis, ne me fuyez pas à mon retour, promis je ne ferai pas de soirée diapo de photos foirées.

un plumeau rencontré dans le jardin d'Isaac

un plumeau rencontré dans le jardin d'Isaac

Quand je suis arrivée de nouveau à Buenos Aires Capital, Juana Molina, que je ne connaissais presque pas, m’attendait sur une scène à Puerto Madero. C’est à cause de Paris Plage, ici ça s’appelle Aires Buenos Aires, et c’est la ville qui se préoccupe de tous ses habitants et visiteurs qui n’ont pas eu l’idée d’aller se faire dorer à Punta del Este en Uruguay. Moi, je pouvais pas (aller à Punta del Este), mon bikini était encore mouillé. Du coup je suis allée écouter Juana Molina. Et Juana Molina, elle est fantastica!

Juana Molina (oui pardon)

Juana Molina (oui pardon)

Sous la demie-lune entre les grues je souriais à pleines dents en revenant. J’aurais bien sautillé, aussi. Mes sandales glissent un peu, alors je me suis retenue. Mais qu’est-ce que c’était super! Ses chansons m’ont vachement plu, et en plus elle était seule sur scène, telle une femme orchestre, et elle jouait de la guitare et des petites machines et des pédales tout en même temps et juste avec sa voix en bougeant un peu les épaules elle arrivait à faire danser tout le monde! À quelques centimètres de moi j’ai aussi vu mon modèle de vieillesse: Un papi avec les cheveux blancs-gris, chauve sur le dessus, en pantalon de velours, l’ai parfaitement sain et parfaitement heureux. Il dansait comme un faune et levait les bras en l’air tellement il était content, et j’avais envie de le prendre dans mes bras et de lui dire merci. Je sais maintenant que quand je serai vieille, toute ridée, en jean, birkenstocks et grosses chaussettes, et que les jeunes me regarderont bizarrement parce que je serai comme une mouche sur le potage de leur concert, je sourirai et je lèverai les bras en l’air en pensant à ce splendide anonyme.

dans le jardin d'Isaac encore

dans le jardin d'Isaac encore

Et puis aussi, à Puerto Madero, il y a des grues magnifiques qui ressemblent à des origami, et la nuit c’est beau comme une usine désaffectée transformée en fête foraine à l’ancienne, et je sais vous en pouvez plus vous avez les yeux qui pleurent si encore vous avez lu jusqu’ici, et en plus le café-librairie ferme, ok, j’arrête là, je vous garde pour demain les odeurs de barbapapa*

dans le jardin d'Isaac, toujours

dans le jardin d'Isaac, toujours

Que vos jours à venir soient aussi beaux que celui que je viens de vous décrire!

Besos queridos amigos, hasta très bientôt!

3 commentaires

  1. susana dit :

    j’ai pas pleuré, mais j’ai un sourire TRÈS bête sur mon visage!
    MERCIIIIIIIIIIII pour ta belle journée

  2. Sandrine dit :

    En ces temps froids et difficiles en Alsace (gastro, grippe, crise…), ta journée est un pur bonheur! Merci!

  3. Sandrine dit :

    Au fait, le 23 était pour nous un jour bien heureux… les 13 ans de Pablo!! Notre bonheur à nous! ;•)

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