Hola los innumerables!
Aaaah quel DOMMAGE que vous ne soyez pas encore en train de lire ces lignes fascinantes et néanmoins désopilantes… Enfin bien sûr là tout de suite vous les lisez puis que vous êtes en train de les lire, mais bon, on s’comprend, n’est-ce pas.
Ce matin, il pleuvait. Oui. La pluie à Buenos Aires. Déjà qu’il fait pas SI chaud que ça -on est encore au début du printemps, quoi… Finalement, vous êtes pas si mal à Marseille/Paris/Hanoï/Lomé/New-York… (Yes, tengo oune lectorat internationnal, si si senior!) (Bon, y a aussi Villeneuve d’Ascq, Mulhouse, Le Caire, et j’en passe…) Enfin il pleuvait, donc, et alors: Pas question de pédaler gaiement sur nos nouveaux vélos. C’est pourquoi nous décidâmes de prendre le métro (el subte) et d’aller: Dans des librairies de bédés! Quelle bonne idée. Et aussi dans des librairies normales, où on trouve des livres sérieux, sans images, et quasi-illisibles pour moi. Pour l’instant. Ainsi nous nous retrouvâmes à Tribunales, une station de métro dans -ou pas loin du- le microcentro. Les gens sont affairés, là-bas. Ils marchent, vite, ils sont pressés, et les trottoirs sont petits. Et il pleuvait.
Danse de parapluies, pas de twist pour éviter de s’emmêler les pieds, arrêts subits (certainement très agaçants pour les gens qui travaillent et courent et n’ont pas que ça à faire -de s’arrêter subitement), consultation de la Guia (le plan), etcaetera, etcaetera, FAIM.
Alors là, faim: recherche de L‘endroit. Pas là, non, euh, pas là, trop propre, trop quelconque, trop chic, trop sombre, trop vide, trop funky, trop… Ah! LÀ! Là ce fut là:

una buena cantinetta tipica
Nous nous régâlâmes de l’ambiance typique, pleine de travailleurs en goguette, d’habitués visiblement, de cette belle couleur moutarde qui avait pris possession de tout le lieu, de l’accent italien du décor, de serveur muy agradable… La bouffe, c’était à peu près pas mal bon. Pas le truc ébouriffant, plus le truc nourrissant, et surtout, divertissant. Ah que c’est affreux de parler comme ça en tant qu’étrangère dans un pays. Non! Un endroit super, authentique -pour parler comme les publicités, une vraie cantine portenia! Et j’ai goûté le fâmeux queso con dulce de batata: Du fromage (style babimoche un peu mou), servi avec une grosse tranche de sorte de pâte de fruit de patate douce. Rico* (=bon)!

contient les calories nécessaires pour nourrir une famille de trois personnes pendant 24 heures
Restaurante y Parrilla: San Remo, Uruguay 380, tel: 4371-4362
Après ça, el café fut le bienvenu, et surtout, surtout, les innombrables blocs que nous parcourûmes en quête de bédés. La première librairie est toute petite, mais j’y ai quand même trouvé de quoi trouer mon budget: Entelequia, Uruguay 341. Il en existe une autre apparemment là: Entelequia, Juramento 2584. Quelques autres librairies d’occas’ dans le coin sont aussi là pour vous épater -par leur taille, la diversité de ce qui s’y trouve, mais après, pour la came, c’est à voir… Ensuite nous nous sommes rendues à El Ateneo, Santa Fe 1860. C’est… grand, c’est… un ancien théâtre, c’est… grand. Propre. Et grand. Ce qui m’a plu, c’est la ligne d’ampoules sur chaque rambarde de chaque balcon (on est dans un ancien théâtre, pour ceux qui avaient décroché), comme autour des miroirs des actrices copines de Marylin Monroe. C’est ce que j’ai préféré. Et puis la profusion, sans doute, mais je ne lis pas (encore) le castellano. Et le rayon bédés est ridiculement microscopique. Aussi, j’ai beaucoup aimé le monsieur qui ressemblait à un vieil écrivain et qui faisait des micro-siestes puis se penchait sur son carnet pour y écrire avec un magnifique bic** dont le corps était bleu. Bleu Roi.
Ensuite, j’ai pu constater avec consternation que le rayon tampax au supermarché est proportionnel au rayon bédés de El Ateneo. Puis nous partageâmes un gros pichet de bière avec Juan & Danilo, deux dessinateurs de bédés viriles d’ici, puis je roulis pleine d’allégresse et de joie au commandement de ma bicicleta verte & noire sous la lune souriante chatouillant le bitume et illuminant les superbes grafittis des murs d’ici.
Besos, y re-besos!
*La réponse du jour: En castellano, une chose bonne -au goût- est « rica! ». « Es rico! » dit-on. Une chose très bonne, on dit « Es ré-rico! ». D’où le nom Rico-Ré très probablement.
**Le saviez-vous du jour: L’inventeur du bic était Argentin, et même, il s’appelait Làszlò Birò. Tac, un camembert au Trivial Poursuite!

27 octobre 2009 à 0 h 36 min
C’est pas vrai, l’inventeur du bic c’est le baron Bic, et il est français… non mais…
27 octobre 2009 à 1 h 34 min
Je tiens à rétablir la vérité: Marcel Bich a fondé la société Bic, mais il a racheté les brevet à Lazslo Biro! Si si, je vous assure… D’ailleurs en anglais on dit toujours « a biro », n’est-ce pas.