¡Hola los bòmbones!

19 de enero 2010
Alors là il y a un truc qu’il faut que je vous explique: D’abord, c’est la saison des orages. C’est l’été, quoi (vous aurez votre vengeance bientôt, à mon retour en France, l’autre pays du Froid, quand je serai paralysée par le grand méchant rhume contre qui je n’aurai plus de défenses, armée de mes sandalettes et de mon écran total que je serai).

été tropical
Et on est dans un climat du genre tempéré-tropical, un truc comme ça. Du coup parfois, souvent, le ciel s’énerve subitement et nous balance des seaux, des piscines de pluie, lance des troupeaux d’éclairs, envoie tout ce qu’il peut de tonnerre, des armées de rafales venteuses, et s’il avait des pianos à portée de main il nous les offrirait aussi allègrement. Dieu soit loué ce n’est pas le cas.
Enfin tout à l’heure, j’allais sortir shortement vêtue (de mon short bouffant à rayures, oui oui, absolument), quand soudain: Una tormenta. C’est beau, comme mot. Una tormenta c’est un orage, mais tormenta ça fait vraiment bien sentir que le ciel n’est pas tranquille. Très fâché peut-être, ou bien euphorique… Le contraire de calme en tous cas.

Sofia fume dans le patio (chez nous)
La maison a presque re-tremblé (comme l’autre nuit, vous savez), les fenêtres ont changé de matière, et l’eau s’est emparée du lieu. Le temps d’arriver à la cuisine, son sol était vernis, le temps de comprendre que la fenêtre était ouverte, le sol était liquide, et bientôt profond. On a fermé toutes les fenêtres, et en courant on est sorti quand même.

Buenos Aires / Venise
Les orages me ravissent. Le ciel violet, les fissures de lumière qui craquèlent le ciel de part en part, les rues déguisées en rivière, les taxis en bateaux-mouches… Et le trajet bien à l’abri dans notre sous-marin-taxi conduit par un homme d’un âge respectable pratiquant le karaoké comme un sport olympique et s’accompagnant de chorégraphies des bras. Un sport, vous dis-je, de haut niveau!

notre taxi quand il était petit
Le dîner au Club Eros a gagné encore en exotisme après l’épique trajet aquatique.
Et pourtant, déjà, le Club Eros, c’est quelque chose. Ne me dites pas que vous n’avez pas pensé un instant que j’avais passé la soirée dans un bar à hôtesses, je ne vous crois pas. Oh la mauvaise fois! Sûre que vous y pensiez, juste là! Bon. C’est pas un bar à hôtesses, le Club Eros, je le jure. Allez savoir pourquoi ça s’appelle comme ça -moi j’en sais rien. Sûrement que le guide du joyeux porteur de sac à dos géant en forme de globe doit avoir une explication, mais je l’ai pas lue. Alors j’imagine que c’est un viril Grec à moustaches qui a ouvert l’endroit en 1947, et qu’il s’appelait Eros. Ou c’est un jeune Chinois qui avait … Non rien c’est trop compliqué comme explication, là, ça doit être le Cynar.

Club Eros, Honduras y Uriarte, Buenos Aires
Ah oui parce que chez Eros, qui est donc une cantine de quartier où les gens vont jouer au foot et où d’autres gens (je suppose) viennent prendre des cours de tango pendant qu’une troisième catégorie de gens mangent des bife de chorizo con papas fritas, on peut boire du Cynar. C’est bon le Cynar. Eros avait dû passer par l’Italie en venant, du Cynar j’en avais bu seulement là-bas. Et chez cousine Pauline quand elle rentrait d’Italie bronzée et pleine de bonnes initiatives culinaires. Et chez moi parce que j’en achetais boulevard Beaumarchais près de Répu à RisPa. En tous cas, Cynar, Quilmes, ou vino tino, quelle que soit votre boisson de prédilection, Eros, c’est d’la balle.

Club Eros, Honduras y Uriarte, Buenos Aires
C’est comme un gymnase mais où le sol serait en carrelage blanc/beige à pointillés, les murs blancs très hauts, à la chaux, et le plafond et le dernier bout du haut des murs vert sapin/prairie pour faire bucolique. Ou soviétique. Au choix. Comme un peu une cantine d’école qui se serait reproduite avec une maison de retraite, ou un hospice plutôt, des années 1930. Mais GAI. Gai avec un i. Joyeux, quoi. Le cuisinier est brabu, chevelu, bronzu… Tellement qu’on dirait un vieux yogi indien tout maigre comme sur les photos de voyage en Inde -sauf qu’il est pas du tout, mais du tout maigre. Et qu’il fait peur alors qu’il est très gentil. Ce soir par exemple, il s’est prit d’amour pour l’un de nous et cet un a gagné un deuxième demi-bife de chorizo (seulement 200 grammes, quoi) gratuit. Le un en question l’a mangé -il l’avait pas choisi au hasard, non plus….
Enfin quand nous sommes rentrés, après cette merveilleuse expédition au Pays de Eros, du foot, du karaoké en taxi, et tutti cuanti, chez nous il n’y avait personne. Personne, même plus la Tormenta. Et la Tormenta était sortie boire un coup avec notre Internette chérie (oui c’est une fille elle aussi).

Hollywood in Cambodia, un café dans Thames, Buenos Aires
C’est pourquoi seulement ce matin je finis ce post et je vous envoie votre image du jour! Nicòlas chante un tango sous la douche, Vladimir a transformé l’atelier en boliche (boliche=boîte de nuit), Juan erre façon Kenny (le garçon sans jambes avec un skate à la place), tout est rentré dans l’ordre… Et maintenant: café!
Besitos los jarritos***

19 janvier 2010 à 18 h 22 min
Eros, Eros, steak au poivre, bière de gingembre et dulce de leche con viagra ! Ou alors les hôtesses sont dans l’arrière-salle pour les initiés… :)
19 janvier 2010 à 21 h 57 min
Bois donc un coup de Cynar (se prononce Tchinarrrr!) à la santé de ta germaine, pas du tout bronzée ces jours derniers!
20 janvier 2010 à 18 h 33 min
Tu vas arriver habillée de sandalettes et d’un écran total ? Je ne sais pas si ça te rendra riche, mais célèbre, ça c’est sûr :)
Peut-être quand même un peu de graisse de phoque sur l’écran total, il paraît que ça protège du froid.