Hola los innumerables!
Si vous aviez l’intonation qui accompagne cette salutation, vous comprendriez mieux le titre, même pour les absolument-rien-comprenants (à l’espagnol). Il fait chaud. Il fait une chaleur de lareputamadredelaremilleconchadetuabuela four. Ou quelque chose comme ça. Mon corps de Viking n’est pas équipé pour ça. Si j’avais su, j’aurais pris mon corps de torreador. Hélas il est resté dans mon armoire française (j’espère qu’elle ne s’est pas encore écroulée sur vous, d’ailleurs).
Il fait donc chaud, chaud, chaud, et re-chaud. Tellement chaud que ce sont mes doigts qui vous écrivent, là, sans aucune intervention de mon cerveau. Peut-être n’était-il d’ailleurs pas nécessaire de vous le préciser.

entre Còrdoba et Tùcuman
Bref il fait chaud, et vraiment très très chaud. Désolée, mes doigts ont une conversation d’une pauvreté qu’il faut bien comparer à la végétation du désert de sel non loin d’ici. Nul.
Aujourd’hui nous sommes restées finalement à Tùcuman. Séduites par la verdure (distinguable -c’est quoi ce mot?- en frottant les feuilles géantes du doigt, sous la poussière ocre) du jardin de la maison dans laquelle nous logeons. Et abruties par la chaleur. Parce que soit dit en passant, il fait une sacrée chaleur! (Merci mes doigts pour cette intervention) (de rien) (mais si j’insiste) (non non je vous en prie) (merci, tout de même) (tout le plaisir est pour nous) (JE SAIS).

casa calchaqui, yerba buena
Ce matin, le souffle de vie nous habitant encore un peu -sans doute aidé par la confiture maison du petit déjeuner (qui se dit desayuno et se prononce déssachouno ici), nous avons pris le bus et sommes parties en voyage à Tùcuman. Parce que là où nous logeons, en fait, c’est à Yerba Buena -et ce n’est pas un repère de rasta-gens qui aiment la ganja, non non.
Et Tùcuman, moi, ça me plaît. Les guides disent que c’est une ville sans grand intérêt, contrairement à Còrdoba, et moi, je dis l’inverse. Còrdoba c’est une ville commerçante et estudiantine. Tùcuman, c’est effectivement une sorte de petite ville un peu calme, moitié pleine de vieilles maisons vaguement en ruines, moitié d’immeubles en béton dont le lifting remonte à loin ou qui n’y sont jamais passé, et qui du coup ont un charme certain. Il y a un marché, couvert, dont le plafond est quadrillé de guirlandes de fanions multicolores. Des rues pulvérulentes ocre rouge, des stands de cd avec musique pop-locale à fond les ballons, des affiches des Los Fabulosos Cadillacs, des tiendas de verdulera y frutas un peu minuscules, des mandarinas délicieuses et ocre rouges, des bananes ocre rouges aussi, des enseignes peintes à la main par un peintre ivre et aveugle, et la meilleure heladeria (là où on mange des glaces), the place to be, s’appelle Café Pigalle. Et plein d’autres choses encore qui me donnent envie de revenir.

juste à côté du marché, Tùcuman
Cependant, la chaleur nous chasse, le goût de l’aventure nous appelle, et demain, nous repartons en bus pour Tafi del Valle! Plus haut dans la montagne, et j’espère, peut-être, quand même, plus frais. Oh oui, plus FRAIS, ce serait SI BIEN!
C’est ça que j’aurais dû souhaiter tout à l’heure, quand je suis allée déposer des fleurettes aux pieds du Cristo géant (relativement) au sommet d’une petite montagnette à côté de Tùcuman! S’il n’est pas trop tard, chère statue (relativement) géante, je t’envoie mon souhait maintenant. Tu peux m’exaucer, je t’ai offert des petites fleurs, j’ai même monté à tes pieds celles de Lisa qui avait la flemme, et là c’est bon, quoi que j’ai fait dans une vie antérieure, même manger des bébés chats vivants, j’ai expié, c’est bon.

il vole, il vole! (ah non, pardon)
En plus, on est allé à la fabuleuse cascade pour se baigner dans une eau pure, limpide et glacée, au milieu d’un morceau de forêt subtropicale;
et en fait tout était desséché, la mousse avait roussi, les arbres pleuraient des larmes de sang en essayant de lutter contre la sécheresse généralisée, il y avait un truc dans l’eau, et plein de gens qui se baignaient dans la petite mare d’eau tiède qui restait. Alors c’est bon, maintenant, j’ai droit, s’il vous plaît statue géante ou quiconque, je souhaite de la fraîcheur et retrouver les morceaux évaporés de mon cerveau en déroute!
Besos, muchochos y muchachas, si vous voyez des petits nuages de neurones, ils sont à moi, dites leur de rentrer à la maison.
Que la fraîcheur de vivre soit avec vous*

2 novembre 2009 à 16 h 18 min
ce matin en marchant sans parapluie sous la pluie glacée j ai savouré cette fraicheur pensant à toi….besos bella
2 novembre 2009 à 19 h 48 min
aujourd’hui j’ai fait une machine à laver et l’eau n’a pas débordé dans la douche : bourrrhaaa ! mais dehors il pleuvait et rien ne séchait alors j’ai étendu dedans la maison sur des fils tendus entre les fenêtres et à ce moment là, dehors il s’est mis à venter…alors j’ai étendu dehors pour profiter du mistral mais après ça a recommençé à pluvioter alors…bref, franchement vous avez du bol qu’il fasse beau chez vous parce qu’ici on sent le moisi !
des bises,
Stéphanie
p.s : on a internet, bourhaaa
p.s2 : Jolie chapeau Lisa