Hola los innumerables!
Jamais de la vie je n’eût cru une MAdame Irma qui m’aurait prédit qu’un champ de cactus me feraient pleurer, autrement qu’en me tombant dessus (ou l’inverse). Ors, c’est arrivé. Caramba, un champ de cactus qui me fait pleurer!
Aujourd’hui, Maxi, Julie, Lisa & moi, nous avons sauté dans un taxi gris jusqu’au début de la route des cascades, près de Cafayate. Là, nous avons refusé le guide qui se proposait à nous, et nous sommes partis à l’aventure. Les gens, les guides, tout le monde, ils disaient: Pour voir les 4 cascades majestueuses (sur 7), il faut 4 à 5 heures de marche. Et le chemin est facile à trouver. Hahahahahaha, À NOUS LAS CASCADAS!

bientôt las cascadas
Bon. Après avoir difficultueusement escaladé un bout de montagne, le coeur plein de joie, le vertige plein les poches, nous pûmes crier « Victoire! ». Puis « Euh… Ben c’est pas là ». Puis « on pourrait faire demi-tour prendre le guide, non? ». Puis « Bon, on redescend ». Après avoir redescendu difficultueusement le bout de montagne, nous nous remîmes en route, décidant sagement de suivre l’eau qui devait bien nous mener à une cascade, puis deux, trois, quatre, etcaetera. En fait, quand le joueur de flûte d’hier soir est apparu au loin avec trois ou quatre compañeros qui le suivaient gaillardement, on était bien contents. On a suivi tous ces gens à joues dissymétriques nous aussi. Les gens, ici, parfois, ont les joues dissymétriques à cause des feuilles de coca. Sur les mini-tiendas, parfois, on peut voir une feuille collée avec écrit « coca y bica ». Paraît qu’on mélange le bica-rbonate au coca-tout court. Et que ça fout la patate.

arbre à boulettes douces + cactus centenaire = AEPTSD
Enfin nous voici transformés en cabri, cabriolant (et là on découvre l’étymologie de ce mot!) sur la caillasse rose, rouge, grise, verte, et sutout rose encore, et bientôt: la primera cascada. J’écris ça comme ça, tout tient en une seule phrase, mais en vérité, les secondes duraient des heures, les minutes des plusieurs-heures, les heures je sais pas… Pas du tout à cause que c’était chiant, nan nan nan nan nan! À cause que c’était maravilloso, hermoso, lindo, estupendo, spectacular! Et puis à un moment, arrivés à la primera cascada, tout le monde s’est jeté dans l’eau, ou est descendu près de l’eau. J’étais en haut, sur un bout de montagne encore. Je me suis retournée. Et j’ai pleuré.

et là
Qui l’eût cru? Des pans abrupts de montagne rose, vraiment rose, un ciel de nuages blancs, du bleu aussi, le soleil orangé, les cactus gigantesques gigantesques gigantesques… Et quelques chèvres dalmatiennes, quelques moutons indifférents, des petits chiens drôles, des arbres à mini feuilles et boules duveteuses oranges et jaunes…
Comment ne pas se dissoudre de bonheur dans un tel paysage?

et encore là
Ce soir on a retrouvé les copains musiciens, le flûtiste, des guitaristes, et un Anglais vivant à Bali et travaillant en Libye, un Français tournant autour du monde dans n’importe quel sens, un Espagnol parlant japonais, français, et bien sûr argentin, et d’autres encore. J’ai mangé de la chèvre et du tamales, goûté à la viande fondante de mes voisins, déserté de Cayote con Nueces, et bu du vin prénommé Amarauta. Un mélange de Malec, Cabernet et Syrah, un délice…
Après, avec les copains, on est allé au bar de Victor (ou Pedro?), le roi de l’empanada, qui a servi des empanadas en veux-tu en voilà aux Argentins encore affamés, des Fernet pour qui voulait, et puis. Et puis ILS ont chanté.Des hommes, pibes (= des mecs). Un poupon d’une vingtaine d’années, tout rond, avec une voix à faire claquer les réverbères (ce qui est arrivé sous nos yeux), un petit tout sec 200% indien, le nez busqué, les cheveux longs, épais et noirs, une jeune fille s’est levée et a dansé, comme si c’était plus fort qu’elle, avec une grâce impressionnante… J’ai re-failli pleurer.
Mais c’est quoi ce pays qui fait pleurer de joie devant des cactus, et tressaillir d’allégresse les oreilles sur une terrasse en béton éclairée au néon???
Demain, les amis, on s’en va pour Salta. Demain aussi, je vais laisser mon ordi à Julie, qui le ramènera à Buenos Aires, pendant que moi, j’irai faire du bus défoncé en Bolivie. Ben oui, finalement, la Bolivie, c’est à deux pas. Alors on a décidé qu’on y va!
Je reviendrai dans votre ordinateur dès qu’une connexion internette décente se présentera à moi. Avec des photos si possible, promis, juré, craché. Ah tiens, j’ai noyé la blatte qui me poursuivait avec ma bave, très bien. Vous voyez, j’ai craché.
Besos, amigos, besitos, amigas, y que la musica te encanta!

5 novembre 2009 à 22 h 35 min
eh bè, c’est quoi ce pays qui fait pleurer? la Belgique ? Bon séjour en Bolivie, et ps, si tu vois une tortue, demande si elle est pas partie de chez nous. Bises à vous et à bientôt.
8 novembre 2009 à 23 h 03 min
Pas encore de tortue, mais j’ai croisé un de ses cousins: Une espèce d’iguane noir. Il m’a demandé de vous dire de dire à la torutue qu’elle le skype, apparemment ca fait longtemps qu’il a pas eu de nouvelles lui non plus…
18 novembre 2009 à 9 h 38 min
hoooo c’est joli !!! j’adore te lire Juliette
plein de bisous et a lisa aussi