Journal
Mardi 3 novembre 2009

Hola los innumerables!

çA Y EST! çA Y EST! J’AI VU MON PREMIER LAMA!

JE SUIS ENCANTADA! Youpiyoupiyoupa! Carambi Caramba!

Sortez l’orchestre mexicain, les petites guitares, l’harmonica, les tambourins!

mon premier cardòn multicentenaire

mon premier cardòn multicentenaire

ça y est, la magie de l’Argentine m’a frappée de plein fouet! Aleluïa!

Hier, nous sommes arrivées à Taffi del Valle. Prononcez tafidèlbaché. Nous quittions Tùcuman, qui fut chaude comme la braise passée au lance-flamme. Taffi del Valle, c’est en l’air, en haut, sur les sommets. 2100 mètres d’altitude, quelque chose dans ce goût là. Haut = Frais. Normalement.

Là, il faisait moins chaud. Frais, loin s’en faut, mais moins chaud, d’accord. Heureuses d’échapper enfin  à Canicula, la cousine de Madame Été, nous posâmes nos sacs et nous en fûmes à cheval. OUI! À cheval! Sobre un caballo! Le mien, de caballito, s’appelait Ceivo. Et là, LÀ, Ceivo & moi, on était cool, on était bien, on trottinait, la main dans la main, ou bien disons le pied sur le dos, enfin bref, il me portait, et c’était féérique. Nous traversâmes à une allure élastique des champs de gros cailloux gris parsemés de cactus en forme de boules avec des fleurs rouges dessus, puis nous montâmes sur un bout de la cordillère des Andes, tranquilles, lui & moi, devisant de choses et d’autres, serrant de concert les narines quand notre compagnon de route -qui hélas trois fois hélas trottait devant nous- avait une crise de flatulences… Que buena onda, amigo y amiga! La balade, j’veux dire, pas les gaz.

una gauchita

una gauchita

Du haut d’un bout des Andes, j’ai contemplé un autre bout des Andes, un lac, des montagnes à perte de vue -mais verticalement ET horizontalement, du ciel, des moutons, des chevaux, des cailloux, de l’air, de l’air, de l’air… C’était beau.

Notre auberge était protégée par un càrdon ou un cardòn géant, donc un très vieux, parce qu’aujourd’hui j’ai appris ceci: Les cactus -ceux-là en tous cas- poussent d’un centimètre par an.6 mètres (ça existe!) = 600 ans. C’est fou, non?

Maintenant, il est tard ici, maintenant je suis à Cafayate.

Tout à l’heure je me suis promenée dans des immensités ocre sèche, couvertes de cactus tous plus vieux les uns que les autres. Nous nous étions entassés à quatre dans le plus petit taxi de la région, qui nous a emmené de Taffi del Valle à Amaicha, puis Quilmes, puis Cafayate. Je suis au pays du bon vin, Cafayate est -pour l’instant- une belle endormie, pomponnée, blanche, basse, arborée, parfumée de ses fleurs innombrables, des arbres étranges… Ici c’est la ville des chiens marrants. Un petit chien nous a accompagné jusqu’à La Ñanta, un bar extraodrinaire. Nous attendaient une maison très haute de plafond, pourtant basse du dehors on aurait dit, sobre, claire, brillante des pampilles de ses lustres improvisés rafistolés. Et dans le patio, sous un grand arbre vert, des chanteuses d’une beauté éblouissante, des musiciens laids mais très musiciens, des guitares, un tambour, des flûtes -de Pan et d’autres, un homme en costume de Zorro sans la cape, tous chiquaient (je suppose) des feuilles de coca, la musique était enchanteresse, le lieu envoûtant, le.. J’en suis restée coite et béate.

Tout à l’heure, à Quilmès, j’ai découvert le mal des montagnes. Qui n’est pas une grosse bête douce et poilue qui laisse des traces de pas intrigantes et surdimensionnées, mais plutôt un genre de massue croisée avec une enclume. ça va beaucoup mieux depuis que je suis arrivée à Cafayate, 1600 mètres d’altitude. Surtout que là où nous sommes, une piscine bleue nous attendait, un patio où somnolent des sièges en métal peint (il y a longtemps) en blanc, des grenouillettes, des grillons, des arbres fleuris de rose orangé, des grands arbres aux feuilles sussurrrantes…

Et puis hier, en arrivant à Taffi del Valle, j’ai vu mes premiers lamas! Et aujourd’hui, sur la route au milieu des cactus, j’ai caressé mon premier lama, et ensuite, j’ai vu mes premiers gnandous. Ou guanadous? Guanadous. Des lamas en plus clairs, en gros.

ma première caresse à un lama

ma première caresse à un lama

C’est beau, c’est beau…

Quilmes sous le ciel rose

Quilmes sous le ciel rose

Et si vous sentiez l’odeur de Cafayate, vous sauteriez dans le premier avion venu pour nous y rejoindre.

Demain, je vous raconterai comment j’ai résisté à une montagne d’alfajores fabriqués à deux pas de mon hôtel et qui tentent de m’hypnotiser olfactivement vers eux, comment j’ai définitivement vaincu le mal des montagnes, et comment j’ai ouvert une fabrique d’étoles en poils de lama d’une sublime beauté vendus dans le monde entier.

Besitos, muchachitos, muchachitas!

Que la vie vous soit douce comme un lama fraîchement éclos.

(Et le titre, souvenez vous de notre dernière leçon d’Argentin. En Argentin, oune lama s’écrit un llama, et voilà!)

5 commentaires

  1. shmipele dit :

    Super, comme d’hab, sauf ce *)“‘—}ø¡ de rose pâle pour écrire.
    Ca caille à Villeneuve d’Ascq !

  2. Juliette dit :

    Ah ben oui, je sais pas d’où ça sort, le rose pâle… Chez moi ça fait plutôt brique, comme couleur. Merci!

  3. shmipele dit :

    Je viens de lire qu’il y a des OVNI partout en Argentine. Bonnes rencontres du troisième type :)

  4. Juchris dit :

    Brique, rose pâle, on aime tout. Ramenez nous un lama (entre autres cadeaux)

  5. Juliette dit :

    Je pense rapporter un troupeau, on se le partagera, c’est trop doux…

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