¡ Hola los lectores !

joyeux non-palindrome day!
J’espère que vous aimez lire, ou au moins regarder des images -inutile de nier: Vous êtes ici, de lourds soupçons pèsent sur vous.

Aujourd’hui, je suis partie avec vous dans mon sac (j’en ai toujours pas trouvé un digne de ce nom, d’ailleurs, au Pays du Cuir, franchement…), et cette chanson dans les os. Je vous l’ai très certainement déjà recommandée une fois au moins, mais vraiment, cliquez sur Flume, toutes vos journées -et vos nuits- ressembleront au printemps après ça. Moi je me baladais toujours en été, et plus en été que jamais. Lumière étincelante, chaleur dégoulinante, poussière citadine collée à la peau bronzée, chiens horizontaux et assoiffés. Bus bondés. C’est comme ça que je suis allée jusqu’à La Paragràfica.

La Paragràfica, ou Comment En Apprendre Un Peu Plus Sur La Vie -et comment dégommer quelques idées reçues de plus. La Paragràfica, plusieurs personnes m’en avait parlé. Quand tu dis que tu t’intéresse au design/à la bédé/à l’art/à l’archi, enfin à tous les trucs vraiment intéressants de la vie, ici à Buenos Aires les gens te répondent « Et tu connais La Paragràfica? »Jusqu’à aujourd’hui, je connaissais pas -honte à moi.

On m’avait dit « la meilleure librairie spécialisée en arts graphiques de la ville », « la librairie où tu trouveras tout ce que tu cherches et aussi ce que tu ne savais pas que tu cherchais », ce genre de trucs là. Dans ma tête éclosaient (quel est l’imparfait du verbe éclore?) des images de ça, et de ça, mâtiné de ça aromatisé à ça. On (oui, on était on, pas seulement je) est donc parti à travers la ville en quête de ce formidable endroit…

Et quand on arrive, que trouve-t-on? Une « galeria ». Non ce n’est pas une galerie d’art hype et coolos, oui c’est une galerie commerçante. En général c’est là qu’on trouve des petits cordonniers pas chers, des friperies meilleur marché que pas cher, et des salons de voyance ou (et?) de tatouage un peu obscurs.

Là, au milieu des quelques échoppes à divers degrés de défraîchissements, une autre échoppe tout aussi engageante éclairée au néon. Des étagères pleines, des cartons par terre, des bureaux croulants, une table en faux bois style Ik&a grande époque. Et des TABOURETS EN PLASTIQUE MOCHES! Mon sang d’esthète ne fait qu’un tour, mes pieds en font un demi, direction dehors, et mes bras poussent la porte, suivis par tout le reste de moi-même qui entrons dans La Paragràfica.

Monsieur Paragràfica se désincarcère directo de son FAUTEUIL DE JARDIN EN PLASTIQUE MARRON (rhhh je meurs…) et nous demande « C’est votre première visite ici? ». Nous (dont moi à l’agonie): « Oui ». Et le voici parti à nous expliquer comment fonctionne l’endroit, à nous enjoindre de prendre des livres et à nous asseoir à la table, à poser nos affaires, et prenez votre temps, regardez j’ai reçu ce truc, là, c’est DINGUE non j’adore regardez moi ces dessins incroyables rhalalala ça rend mélancolique. Si vous aimez la mélancolie regardez, là y a des photos incroyables, la somptuosité de ce livre regardez c’est merveilleux la nostalgie comme ça, et là ici j’ai un recueil de motifs brodés indiens qui met les larmes aux yeux, et tenez ouvrez celui ci là vous avez vu comme c’est à couper le souffle ces typos etc etc etc?!.¡!

Rarement ai-je rencontré un être humain aussi généreux, passionné, contagieux, délicieux. Et dans un lieu tellement dépourvu de toute joliesse (les années de formation de designer vous parlent), de toute fioriture, de quelque sens de l’esthétique que ce soit, jamais je n’ai passé un aussi agréable moment à feuilleter tous les livres possibles, plus intéressants et beaux les uns que les autres. On dirait pas mais La Paragràfica a un stock gigantesque de ces bouquins et revues importés d’Europe, du Japon, des Amériques, de partout. Sauf de la France à cause de l’esprit obtus des éditeurs. La brillante phrase exacte de Monsieur Paragràfica: « Tellement obtus les Français! Tellement obtus qu’ils sont hexagonaux. »
Besitos los libros***
10 février 2010 à 8 h 17 min
Il me semblait bien avoir senti cette bonne odeur de livre d’art cette après-midi
10 février 2010 à 8 h 47 min
J’adore le petit tabouret rouge, à Hanoi c’est déjà un bistrot. J’en suis à mon premier verre de café Trung Nguyen.
Il a encore neigé cette nuit, ça va être sportif pour prendre le bus.
14 février 2010 à 10 h 13 min
Je suis désolé, le verbe éclore n’a pas d’imparfait. Les larmes coulent doucement le long de mes joues sur mon Bescherelle