Buenos Dìas los innumerables!
Aujourd’hui, ici, à Buenos Aires -et dans toute l’Argentine je suppose-, c’est EL DÌA DE MAMA!

ils sont vraiment gentils, ces Argentins...
Si si, je vous assure. De là où vous êtes, bien sûr, c’est pas évident,
mais pour nous: Impossible d’y échapper.
Alors avec le décalage horaire, déjà là c’est un peu tard, et pour vous sans doute
encore plus tard, mais mieux valent deux fois qu’une quand même:
BONNE FÊTE MAMAN!
Les marchands de fleurs nous l’ont répété depuis notre arrivée,
les bus, les devantures de supermarchés, et même la vieille dame rencontrée hier dans une gare.
Hier, on était à El Galpon.
De bon matin nous partîmes, Lisa & moi, le coeur en fête et le ciel bleu sur nos têtes.
Notre quête: Des fruits & légumes bios.
Frutas y verduras organicas. Ou quelque chose d’approchant.
Oui oui. Facile, pensez-vous, en votre for intérieur de bobo.
Reulou, pensez-vous, en votre for intérieur de rien-à-taper.
Hé bien c’est vous, là, le rien-à-taper, qui avez raison:
Ici, de verduras organicas, il n’y en a point. Apparemment. Ou très peu.
Très très très très peu. Du maïs transgénique avec des grains géants, ça oui!
Des petit pois géants aussi, bien sûr! Des patates noires: Aussi!
Mais des bonnes petites pommes bien moches avec des vers dedans: Que dalle.
La rumeur de l’existence de El Galpon était quand même arrivée à nos oreilles,
et donc, nous voici en chemin. Nous prîmes le bus (el collectivo), et même le 39, pour être précis.
C’est là que nous rencontrâmes notre premier Argentin pas êxtrêmement poli & agréable:
Un chauffeur (un chofer?) de bus visiblement dépressif au dernier degré,
aigri tel une vieille mère de vinaigre oubliée au fond d’une jarre antique,
gras comme un petit pourceau, et enlaidi par la méchanceté.
Sa réponse à notre candide billet -pour acquérir un ticket de bus- fut simplement:
Immobilité + silence + regard fixe sur la route, et point barre.
Nous finîmes donc par descendre du bus, toutes désappointées.
Notre quête (encore une) de monnaie fut couronnée de refus et de regards hyppocrites.

Et un bus majestueux, un!
Por qué??? pensions nous en nous-mêmes?
C’est ici que La Vieille Dame de la Gare remonte sur la scène de cette histoire:
Porqué? Tssss… Es una tragédia, una tragédia… dit-elle.
Porqué? Es una lutta quotidiana! dit le garçon de café de la gare. (approximativement en ce qui concerne l’orthographe de tout ça)
La Vieille Dame nous raconta donc la chose suivante:
Récemment, « on » (je ne sais pas qui) a découvert dans les hangars de la compagnie de transport
des sacs de pièces de monnaie. Parce que les pièces valent plus comme métal que comme pièces.
Et nous, on n’a plus de monnaie.
Et alors, on peut plus prendre le bus, parce que pas de monnaie, pas de bus, c’est tout!
Que tristessa, que tristessa!

Quand el chofer est gentil (et c'est quand même le plus souvent), ajouté à la beauté du lieu, le voyage est divin.
Cependant nous voici aguerries:
Telles le Portenio malin, nous payons en billets dès que possible (c’est-à-dire tout le temps),
et nous gardons la monnaie précieusement.
Voilà l’histoire de La Vieille Dame, Le Bus, et Le Marché des Hippies.
Pour plus de détails sur les verduras organicas, nous y reviendrons.
Pour ça, je vous conseille de commencer dès à présent un bel ouvrage de tricot en laine cardée par vos soins,
et de vous laisser pousser les cheveux en une coupe improbable à la Kiss+Maradonna+John Lennon.
Vous verrez, c’est ici:

Robes chasubles, sacs cousu main (ou bien avec les pieds, ça serait crédible aussi), écharpes qui grattent... Re-bueno!

Oui c'est au milieu des voies ferrées. Des qui marchent et d'autres non. Et les wagons abandonnés sont aussi des maisons.
Muchos besos,
y Que viven las calabassas*!
*(ben quoi, j’aime les courges!)

Dans une autre vie je suis maraîchère funky.
